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SOUSSE

 Carte de l'Atlas archéolgique de la Tunisie : Feuille LVII

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Les renseignements relatifs aux ruines situées sur la rive gauche de la Sebkra sont dus à :

MM. les capitaines Corniot, Esnol, Hannezo et M. le lieutenant Wary.


 

2. GVRZA (Kalâa-Kebira). Ancienne station de la route de Coreva à Hadrumète. L'identification avec Kalâa-Kebira est vraisemblable, mais non encore certaine. Quelques débris antiques : inscriptions, bas-relief formant le chambranle d'une porte, colonnes et chapiteaux (Tissot, Géographie comparée de l'Afrique, II, p. 562 ; C. I. L., VIII, p. 17).

3. Traces de constructions près du passage de l'Oued-el-Hammam (Guérin, Voy. arch., I, p. 87 ; La Blanchère, Bull. archéol. du Comité, 1888, p. 469).

4. Villa des Pins, appartenant à M. Gandolphe. Bas-relief encastré dans une fontaine, colonnettes avec reliefs, chapiteaux de marbre blanc, inscriptions. L'emplacement semble identique à celui de l'Henchir-Biniana, localité dont le nom paraît aujourd'hui oublié ; de là proviendraient, suivant Wilmanns, plusieurs inscriptions (C.I.L., VIII, p. 18).

12. Restes de maisons (Guérin, Voy. arch., I, p. 87).

15. Sur l'Oued-el-Karroub, on signale une série de petits puits antiques reliés par une voûte souterraine cimentée.

16. HADRVMETVM [COLONIA CONCORDIA VLPIA TRAIANA AVGVSTA FRVGIFERA], plus tard IVSTINIANOPOLIS (Soussa ou Sousse). Centre phénicien et romain très important (Guérin, Voy. arch., I, p- 101 ; Tissot, Géogr., II, p. 149 ; Saladin, Rapport, I, p. 3, C. I. L., VIII, p. 14, 924, 979 ; Suppl., p. 1160). Voir au dos (fig. 1) un plan dressé pour la partie antique d'après celui qu'a donné Daux et qui a été publié, d'après les papiers de ce dernier, dans la Géogr. comparée de l'Afrique de Tissot (Atlas, pl. IX [1]).

I. Port extérieur (port marchand). Ce port, aux trois quarts ensablé aujourd'hui, est compris entre deux môles réunis par un brise-lames et communiquant avec la mer par trois passes. Le Môle de la quarantaine est encore visible sur plusieurs points, mais on ne peut reconnaître son point de réunion avec le brise-lames ; la passe a disparu sous les sables. Du môle du sud on ne voit plus que la pointe ; les travaux du nouveau port ont comblé la passe du sud. Le brise-lames apparaît encore près de Ras-el-Bordj, mais l'existence de la passe que Daux y figure ne peut être vérifiée.

Pour la description du port extérieur d'après Daux, cf. Tissot, Géogr., II, p. 154.

II. Lors de la construction de maisons récemment élevées le long du rempart nord de la ville moderne, on a trouvé des traces de quai et même des anneaux de fer scellés dans ces quais (Hannezo). Ces constatations confirmeraient celles de Daux, qui voyait en cet endroit le port primitif d'Hadrumète, crique naturelle agrandie de main d homme et communiquant avec le port extérieur par un canal. Suivant Daux, le périmètre irrégulier de ce port primitif, aujourd'hui comblé par 7-8 mètres d alluvions, serait indiqué par un lit de galets, de sables et d'algues, découvert par lui au cours de ses fouilles (Tissot, Géogr., II, p. 156).

 

III. Prétendu port militaire ou Cothon, communiquant avec le port marchand par un canal. La surface présumée de ce port était naguère occupée par un cimetière musulman (Tissot, II, p. 155), qui a été récemment désaffecté et que traverse Ia nouvelle voie ferrée de Sousse à Tunis. (10 et 11). Mais l'établissement de cette voie n'a fait découvrir aucune trace de quais (Hannezo). M. CeC. I. L. Torr, qui a visité les lieux, est d'avis que ce port intérieur n'a jamais existé et que le nom de Cothon était réservé au port extérieur fermé par les jetées (Rev. archéol., 1894 [I], p. 299). C'est également l'opinion de M. le lieutenant Hannezo.

IV. Enceinte punique. Daux avoue n'avoir pu reconnaître souvent le tracé de cette enceinte qu'aux entailles pratiquées dans le banc de calcaire pour recevoir les assises (Tissot, II, p. 151). M. le lieutenant Hannezo a signalé les vestiges suivants : 1° De la Kasbah au point 2, levées de terre presque en ligne droite. Au point 2 on a découvert de petits canaux pour la conduite des eaux, des pavages en mosaïque, des stucs sculptés ; 2° Au point 3, restes de maçonnerie et, au point 4, puits très ancien adossé au talus ; 3° Du point 2 aux points A et B, levées de terre ; 4° Entre le point B et la mer (5), dans une excavation faite pour extraire du sable, nombreux blocs de maçonnerie compacte. Un ancien habitant de Sousse, qui a surveillé les travaux de Daux, a indiqué à M. Hannezo la direction du quai telle qu'elle est donnée sur le plan, mais il ne reste aucune trace ni du quai ni de l'enceinte. Autrefois, du côté de la mer, le pied des tours de l'enceinte punique était garanti contre les lames par des éperons en blocage dont il subsistait jadis des vestiges (Tissot, II, p. 152). En somme, aucune trace d'un rempart punique n'a été rencontrée, sauf par Daux.

V. Prétendue enceinte romaine. On la suit presque partout, mais sans trouver de traces de murs ; ce n est plus qu'une levée de terrain, bien accusée surtout à l'ouest, avec quelques plate­formes qui éveillent (dit M. Hannezo) l'idée de bastions.

VI. Prétendues lignes extérieures de défense. Ces lignes sont figurées à l'ouest, sur le plan de Daux, par des lignes brisées ; M. Hannezo a remarqué qu'en réalité elles suivaient le bord occidental de la carrière, d'où l'on a extrait les matériaux de construction de Sousse.

Aux points A, B, C, D, Daux a indiqué des forts (Tissot, Géogr., II, p. 151). Il n'y a là que des tertres, sans traces de murs ; A et B représentent d'anciens fours à briques et à poteries, D de nombreux puits très profonds. Au point B on a trouvé une mosaïque (Doublet, Rev. archéol., 1892 [II], p. 219.).

VII. Acropole. La Kasbah actuelle, construite au XIe siècle avec d'anciens matériaux, est moins étendue que l'acropole antique. Au point culminant, on a trouvé les restes d'un temple que Tissot croyait punique (Géogr., II, p. 152).

Les murs de fondation de ce temple apparaissent en certains endroits au pied même de la tour de la Kasbah (Hannezo). A l'est et au sud, aucun pan de mur n'est visible ; de l'angle sud-ouest jusqu'en face de la tour vers l'ouest, traces de murs débordant le mur actuel d'environ 50 mètres. On y a trouvé une citerne très profonde à plusieurs galeries. Au point 1, petite chambre de villa romaine avec mosaïque ; dans le rentrant compris entre Ie mur est de la Kasbah et le rempart sud de la ville, vestiges de voûtes de citernes et citerne à ciel ouvert. A l'ouest, M. Hannezo pense, contrairement à Daux, que l'enceinte actuelle est bien celle de l'acropole antique ; au point 8, on a trouvé des caveaux phéniciens et des citernes.

VIII. Théâtre et portique. Le théâtre a 75 mètres de large sur 72 de profondeur. Deux massifs de maçonnerie encore apparents (El-Hadjar-Maklouba) relient le théâtre à un portique contigu de 60 mètres sur 80, d'après Daux (Tissot, Géogr., II, p. 157)- Des constructions 12 et 13 en avant du portique, il n'existe plus que des vestiges de murs dont l'un a 1m,66 d'épaisseur.

IX. Cirque. Suivant Daux, il avait 400 mètres de long sur 116 de large (Tissot, Géogr., II, p. 157). Les cultures ont tout recouvert ; la spina n'est plus reconnaissable.

X. Citernes. De 16 réservoirs, longs de 39 mètres sur 7 de large, il reste 6 réservoirs visibles, dont 3 à ciel ouvert et 3 voûtés.

XI. Aqueduc. Encore utilisé ; il amenait les eaux de Kalâa Kebira à Sousse.

14, 15, 16. Edifices indiqués par Daux, aujourd'hui enfouis sous les sables. En 16, citerne très ancienne et pans de murs.

18. Sur des ruines très anciennes on a construit un monument arabe, le Dar-es-Senaa d'El-Bekri, aujourd'hui Ksar-er-Rbat, avec colonnes en granit et en porphyre, fragments de sculptures sur marbre, etc.

20, 21. Anciennes églises byzantines.

22. Citernes, pavages en mosaïques, restes de villa.

25. Emplacement des villas où l'on a trouvé de belles mosaïques en 1887 et 1889. (De la Blanchère, Bull. du Comité, 1888, p. 163 et suiv. ; Musée Alaoui, p. 17 et suiv.).

À 900 mètres vers l'ouest de Bab-el-Gharbi, El-Bekri signale un grand édifice qu'il nomme El-Fintas : identifié par Barth (Wanderungen, p. 153) avec les masses de blocages appelées El-Hadjar-el-Maklouba, dont il a été parlé au n° VIII.

XII. Au sud de l'enceinte s'étend un vaste faubourg où les restes d'habitations romaines et les débris de céramique sont en très grand nombre (Tissot, Géogr. comp., II, p. 157 ; Vercoutre, Rev. archéol., 1884 [I], p. 17).

XIII. Nécropole phénicienne, découverte en 1884 (Rev. archéol., 1884 [II], p. 167) ; c'est là qu'est établi Ie camp français. La plupart des tom­beaux phéniciens sont autour de 24 ; il y a quelques chambres funéraires en 8 et en 23. M. le lieutenant Hannezo a dressé le plan de la nécropole (Bull. arch. du Comité, 1889, pl. X). Tombes creusées dans le tuf et réunies par groupes ; chambres sépulcrales orientées à l'est, contenant généralement dés urnes remplies d'ossements humains et de cendres, quelquefois des squelettes. Il y a presque toujours de nom­breux vases. La tombe est fermée par de grandes amphores vides, placées tête-bêche, de manière à boucher l'entrée (Berger, Rev. archéol., 1889 [iI], p. 26). Voici le plan et la coupe de deux hypogées (fig. 2).


   Fig. 2 Tombes creusées dans le tuf.

 

XIV. Nécropole romaine. Elle s'étend sur les bords de la voie romaine allant à Théveste. Les tombes sont : 1° Des hypogées ornés de peintures ; 2° Des tombeaux groupés affectant les formes de cippes carrés et quelquefois de demi-cylindres ; 3° Des sépultures isolées, vases avec des os calcinés déposés à même la terre, tombes creusées dans le roc ou le tuf et garnies de tuiles ou de briques (Choppard et Hannezo, Bull. archéol. du Comité, 1893, p. 193). Les groupes de tombes se rencontrent jusqu'à 4 kil. de la ville, le plus souvent sur des tertres naturels. On trouvera ci-dessous un plan général de la nécropole romaine (d'après les levés de M. le lieutenant Carré) que M. Hannezo a bien voulu nous communiquer (fig. 3).

 

Nous y joignons (fig. 4) les plans de deux hypogées de ce cimetière ; le premier a déjà été publié (Bull, du Comité, 1889, p. 120) ; le second est inédit (communication de M. le capi­taine Hannezo). On y accède par un escalier ; les corps reposent dans des niches (C du plan), mais on trouve aussi des sépultures d'enfants creusées dans le sol de la tombe (D). Voir, sur cette question en général, Bull. du Comité, 1885, p. 15o ; 1889, p. 110, 367 ; 1892, p. 456 ; 1893, p. 199 ; Rev. archéol., 1884 [I], p. 26 ; [II], p. 167 ; Comptes rendus de l'Académie des Inscriptions, 1890, p. 333 ; Musée Alaoui, I, p. 33, 57, 101.

 

La nécropole chrétienne est au sud de la ville. Un hypogée chrétien en forme de catacombe a été visité au sud-ouest près de la nécropole romaine. Il y a au moins un exemple d'un hypogée païen ayant servi de nouveau à I'époque chrétienne (Bull, archéol. du Comité, 1889, p. 367). Près de Ia Kasbah, on a trouvé une inscription chrétienne avec la partie supérieure d'une mosaïque funéraire ornée d'un chrisme (ibid., 1891, p. 540).

33. Zaouiet. Colonnes de marbre et inscription (C. I. L., VIII, n° 61i ; Guérin, Voy. arch., t. I, p. 115).

27. Au 4e kilomètre de Sousse, sur la route de Kairouan, grande citerne polygonale (fig. 5). La hauteur au-dessus du sol actuel est de 2 mètres.

 

50. Mouredine. Borne milliaire (C. I. L., t. VIII, n° 10028).

70. El-Knissia. (Voir le plan ci-joint dressé par M. Molins. Fig. 6). Monument carré de 50 pas de côté (F du plan) ; autre bâtiment de grandes proportions (B), au milieu duquel sont trois mausolées ; ruines de thermes (E) avec grandes citernes à proximité (C) au nord-ouest, basilique avec abside (D). (Molins, Bull. archéol. du Comité, 1894, p. 367).

 

91. A Chekanes a été trouvée une statuette mutilée de Vénus (Saladin, Rapport, I, p. 6, fig. 57).

94. RVSPINA (Monastir). La synonymie est probable, mais non encore certaine (Guérin, Voy. archéol., I, p. 119, 124 ; C. I. L., VIII, p. 11 ; Supplém., n° III 35 ; Tissot, Géogr., II, p. 165, 728).

93. Ilots en face de Monastir. Le plus grand (La Tonnara, avec la Koubba de Sidi-er-Rhadamsi) présente, au nord-ouest, des ruines romaines peu étendues (Saladin, Rapport, I, p. 6). Auprès du bâtiment moderne dit La Tonnara, porte taillée dans le roc. On a cru reconnaître dans l'île des citernes puniques, qui ne sont peut-être que des silos (Tissot, Géogr., II, p. 167, 810). L'îlot de la Quarantaine (Djéziret-el-Oustania), offre des cellules creusées dans le roc, probablement des tombeaux.

En face, sur le continent, souterrain creusé dans le roc dit El-Kahlia. Le plan en a été publié par Tissot (Géogr., II, p. 168), et par M. Saladin (Rapport, I, p. 8). Traces d'exploitation de carrières en partie recouvertes par la mer (Saladin, Ibid.).

95. El-Kantara. Ruines qui paraissent être celles d'un pont (Saladin, Rapport, I, p. 5).


 

Note


[1] De 1862 à 1863, Daux a passé six mois à fouiller les ruines d'Hadrumète (Tissot, Géogr., II, p. loi). M. le lieutenant Hannezo a bien voulu, à notre demande, contrôler sur le terrain le plan que cet ingénieur avait dressé à la suite de ses fouilles. Beaucoup de détails, indiqués avec précision par Daux, sont actuellement invisibles, circonstance que l'on peut attribuer, mais en partie seulement, à l'envahissement des sables et aux modifications amenées par des constructions récentes. Ici, comme à Utique et à Carthage, l'imagination de Daux s'est sans doute donné carrière et son plan doit être considéré comme une restitution hypothétique ; c'est pour cela que nous ne l'avons pas reproduit tel qu'il figure dans l'ouvrage de Tissot, où le lecteur le retrouvera aisément. Il faut ajouter cependant, pour être équitable, que là où une vérification a été possible, les indications de Daux se sont trouvées en partie confirmées.