L’Islam des pierres : l’expression de la foi dans les graffiti arabes des premiers siècles

Imbert, Frédéric > Auteur



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Sources de contenuRevue des mondes musulmans et de la Méditerranée (REMMM)
AuteurImbert, Frédéric > Auteur
Numero du périodique129
Année2011
eFormattext/html
NoteLes graffiti arabes coufiques des premiers siècles de l’islam, en Arabie comme au Proche-Orient, représentent une source d’information inépuisable sur la société musulmane des origines. Toutefois, la datation des textes du ier/viie siècle, antérieurs aux Umayyades, reste problématique et doit se fonder sur des analyses paléographiques rigoureuses. L’étude du contenu des graffiti relatifs à la foi peut aider à dater ces textes du fait qu’ils connurent des phases progressives de développement. Les plus anciens graffiti datés de 23/643 et 24/644 ne contiennent pas de référence au religieux ; les auteurs, comme leurs contemporains, semblèrent plus intéressés de pérenniser leurs noms sur la pierre, s’inscrivant dans la tradition safaïtique. La question des premières professions de foi montre qu’il a existé des formulations archaïques antérieures à la shahâda traditionnelle, reflet d’un monothéisme tribal très matérialiste. Quant aux demandes de pardon récurrentes dans les graffiti, elles relèveraient d’une stratégie d’écriture. Enfin, la constatation de l’absence de citation du prophète Muḥammad dans les graffiti les plus anciens montre, à elle seule, les enjeux historiques et religieux de cette recherche épigraphique.;The Arabic Kufic graffitis of the early centuries of Islam, in Arabia as in the Middle East, represent an inexhaustible source of information on the origins of Muslim society. However, the dating of these texts to the ist/viith century (before the Umayyad period), remains problematic and should be based on rigorous palaeographic analysis. The study of the religious content of graffitis can help to date these inscriptions because they demonstrate progressive phases of development. The oldest graffitis, dated 23/643 and 24/644, do not contain any reference to religion. The inscribers, like their contemporaries, seemed more interested in perpetuating their names on the stone, following the model of Safaitic inscriptions. The study of the first professions of faith shows that there had been archaic formulae prior to the traditional shahâda, reflecting a very materialistic tribal monotheism. As for the recurrent requests for forgiveness and mercy, they may have been a rhetorical technique. Finally, the absence of any reference to the prophet Muhammad in the oldest graffitis shows in itself the historical and religious challenge of this epigraphic study.
Mots-clésFoi, Graffiti, Formulaire
Domaines d'intérêtEpigraphie, Paléographie, Monothéisme
PersonnesMuhammad (prophète)
Gestion des droits© Revue des mondes musulmans et de la Méditerranée
URLhttp://remmm.revues.org/7067
Permalienhttp://cinumed.mmsh.univ-aix.fr/idurl/1/36763


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