Sedrata : l’élaboration d’un lieu de mémoire

Aillet, Cyrille > Auteur, Gilotte, Sophie > Auteur



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Sources de contenuRevue des mondes musulmans et de la Méditerranée (REMMM)
AuteurAillet, Cyrille > Auteur, Gilotte, Sophie > Auteur
Numero du périodique132
Année2012
eFormattext/html
LanguesFrançais
NoteLes vestiges ensablés de Sedrata, à une dizaine de kilomètres au sud de la ville actuelle de Ouargla, font aujourd’hui figure de lieu de mémoire pour l’ibadisme maghrébin. Chaque année un pèlerinage s’y déroule, attirant des représentants des communautés ibadites du Maghreb mais aussi des visiteurs de plus en plus nombreux. Plus qu’à une description du site archéologique, fouillé par l’archéologue suisse Marguerite van Berchem entre 1950 et 1955, cet article s’attachera à décrypter son importance dans la mémoire et dans l’imaginaire historiques de l’Algérie, de la période coloniale à nos jours. Nous nous attachons tout d’abord à la découverte du lieu, décryptée à la lumière des grands voyages d’exploration du Sahara de la fin du xixe siècle. La récupération académique du lieu, à l’orée du xxe siècle, est l’occasion de réfléchir sur les grilles d’interprétations ethnicisantes et culturalistes mises en place pour l’identification et la compréhension des vestiges et des décors de stuc. Nous nous arrêtons sur les travaux de M. van Berchem, qui firent de Sedrata un élément du « patrimoine » national algérien. Nous suivons également les derniers développements du mythe de Sedrata dans les écrits du Père Blanc J. Lethielleux, qui entremêlent de façon indéchiffrable traditions historiques et traditions locales. Enfin, nous nous intéressons à l’action des associations locales pour la sauvegarde du site et pour le rayonnement du pèlerinage.;Almost entirely covered by sand, the archeological site of Sedrata, at about 10 kms south from Wargla, can be considered presently as a real lieu de mémoire for North African Ibadism. Every year a kind of pilgrimage is organised there, with the participation of Ibadi North African communities but also with an increasing variety of other visitors. This article will not deal with the history of Sedrata itself, excavated by the Swiss archeologist Marguerite van Berchem between 1950 and 1955, but rather with the function played by this place in the historical memory and imaginary of Algeria from the colonial era to nowadays. Sedrata was discovered and first interpreted during the great wave of exploring travels launched throughout the Sahara at the end of the 19th c. The academical appropriation of Sedrata began only in the 20th c. and displayed ethnicist and culturalist models for the interpretation of the archeological remains and decorative stuccos. A special mention of M. van Berchem’s investigations must be made for their key role in the integration of Sedrata into the Algerian national patrimony. In a very different way, the White Father J. Lethielleux contributed to the last developments in the forgery of the myth by his writings where local traditions are confusingly entangled with historical reports. Finally, we will also observe how local associations got involved with the protection of the site and the promotion of the pilgrimage.
Mots-clésUtopies sahariennes, Usages du passé, Savoirs coloniaux, Exploration du Sahara
Domaines d'intérêtArchéologie, Savoirs (Les), Recherche scientifique, Exploration, Mémoires, Récits
PersonnesMarguerite van Berchem
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URLhttp://remmm.revues.org/7923
Permalienhttp://cinumed.mmsh.univ-aix.fr/idurl/1/36798


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