Le multipartisme marocain entre les contraintes d’un « pluralisme contrôlé » et les dilemmes d’un « pluripartisme autoritaire »

Santucci, Jean-Claude > Auteur



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Sources de contenuRevue des mondes musulmans et de la Méditerranée (REMMM)
AuteurSantucci, Jean-Claude > Auteur
Numero du périodique111-112
Année2006
eFormattext/html
LanguesFrançais
NoteAncrés dans l’histoire politique du Mouvement national, et largement associés dans la lutte anti-coloniale aux côtés du Sultan, les partis marocains avaient vocation à s’attribuer sinon la plénitude du moins une part prépondérante de l’exercice du pouvoir dans le Maroc indépendant. En réalité, et malgré la reconnaissance constitutionnelle de leur fonction d’or­ganisation et de représentation des citoyens, la monarchie marocaine a déployé une stratégie de dépérissement et de marginalisation des formations issues du mouvement national, tout en perpétuant un pluripartisme qui serve à maintenir et conforter son leadership. Les multiples élections qui ont scandé l’histoire politique du Maroc, ont fourni un cadre d’expression et de renouvellement du champ partisan, soigneusement contrôlé par la Monarchie et dénué de toute dimension réellement compétitive quant aux enjeux d’appropriation du pouvoir. En dépit de la libéralisation du régime amorcée depuis une décennie, et qui a laissé entrevoir un certain renouveau partisan, le multipartisme marocain relève du « pluralisme autoritaire », avec les contraintes et les dilemmes imposés par les modes de régulation politique des régimes autoritaires : pour les formations, accepter de continuer à jouer le jeu de l’intégration ou de la cooptation au risque d’affaiblir leurs assises sociales et d’augmenter leur discrédit populaire ; pour la monarchie, s’assurer du concours des structures partisanes à travers une certaine légiti­mité électorale, pour garantir sinon son hégémonie du moins sa stabilité et sa survie.;Anchored in the political history of the national Movement, and largely associated with the anti-colonial fight alongside the Sultan, the Moroccan parties were typically granted, if not full power, at least the lion’s share in the exercise of power in an independent Morocco. Actually, and in spite of their constitutionally recognized function as organizations and citizens’ repre­sentatives, parties formed out of the national movement were undermined and marginalized by the monarchy which promoted a multi-party system to help maintain and consolidate its own leadership. The succession of elections that mark the political history of Morocco, pro­vided a context in which parties could express and renew themselves under the close watch of the Monarchy and without any real competitive dimension as to the appropriation of power. Despite liberalization of the regime that began a decade ago with a vision of a revived party system, the Moroccan multi-party system is better defined as an "authoritarian pluralism", with the constraints and dilemmas imposed by the political regulation of an authoritarian regime: the parties must accept to continue the game of integration or co-optation and risk weakening their social bases ail the while increasing their popular discrédit; the monarchy must secure the help of the parties through electoral legitimacy in order to guarantee, if not its hegemony at least its stability and survival.
Mots-clésMultipartisme
Domaines d'intérêtPartis politiques, Pluralisme, Autoritarisme
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URLhttp://remmm.revues.org/2864
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